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Résumé du projet

Les tortues marines, héritage commun de l’humanité, sont gravement menacées sur toute la planète. Des réponses globales se sont développées, impliquant de nombreux acteurs internationaux dans des stratégies communes couvrant l’ensemble des océans. Les îles du sud-ouest de l’Océan Indien et en particulier Madagascar constituent des lieux de fréquentation et de migration importants pour cinq espèces menacées. Plusieurs programmes de recherche et de conservation des tortues marines existent dans ce secteur, mais aucune étude ne leur a été consacrée dans la région de Maintirano visée par le projet, alors qu’il s’agit d’un site essentiel dans la dynamique de ces espèces.

Le projet vise à combler ce manque en établissant un diagnostic biogéographique sur les tortues marines et leur écosystème mais aussi sociologique sur les populations en interaction avec ces tortues. A partir de là il proposera une stratégie de conservation soutenable socialement et écologiquement, qui se traduira par des actions concrètes sur le terrain et pourra servir de modèle pour d’autres projets de protection de la biodiversité marine.

La méthodologie retenue combine une approche scientifique interdisciplinaire – sciences naturelles et sciences humaines – et une démarche participative avec les populations locales concernées. Dans un esprit de collaboration internationale, ce projet s'inscrit dans le programme d'activités du Réseau universitaire international de Genève (RUIG) et crée un partenariat entre des institutions genevoises de recherche (Muséum d’Histoire Naturelle, Université de Genève, Groupe de recherche sur l’environnement et la gouvernance/National Center of Competence in Research North-South) et des organisations internationales spécialisées sur le sujet (World Wide Fund for Nature, Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer, Centre d’étude et de découverte des tortues marines).

Quatre types de résultats sont recherchés et seront contrôlés régulièrement à l’aide d’indicateurs mesurables qui en évalueront la qualité. D’abord, des contributions scientifiques originales porteront à la fois sur l’étude des tortues marines dans leur écosystème et sur les populations locales et leurs interactions avec ces tortues. Ensuite, des actions de conservation participatives seront élaborées et appliquées localement. Elles s’intègreront dans les politiques globales de gestion des tortues marines. Dans cette optique, une étude de faisabilité de la création d’une aire marine protégée dans la région de Maintirano sera effectuée. Cette étude ouvre des perspectives d’élargissement du projet et lui donne une portée supplémentaire en l’inscrivant dans un système institutionnel déjà en place à l’échelle nationale et à l’échelle de la planète.
Les résultats seront valorisés sous forme de publications, d’un site Internet et de création de liens institutionnels avec des projets du même type grâce à la densité, l’importance et la qualité des réseaux des partenaires du projet.

Dans un contexte de diminution de la biodiversité et de problèmes aigus de développement, une telle synergie constitue un apport indispensable pour la réussite d’un effort collectif et mondial de conservation.

 

Bénéficiaires

Les fonds demandés seront gérés par la direction du Muséum d’Histoire Naturelle de Genève. Tous les partenaires impliqués dans le projet (cf. les partenaires) seront bénéficiaires du financement.

 

Durée du projet

2 ans, avec perspectives d’élargissement, notamment avec la création d’une Aire Marine Protégée dans les îles Barren

 

Les objectifs

Les objectifs scientifiques :

Il s’agit de combler l’absence de connaissances scientifiques concernant les différentes espèces de tortues marines et leur écosystème dans la région de Maintirano et de comprendre leurs interactions avec d’autres régions. Le but est de constituer une base de donnée inspirée de méthodologies déjà existantes et de tenter d’innover dans de nouvelles approches. Grâce à l’identification génétique, il s’agira d’expliquer l’origine des populations de tortues vertes qui nidifient et qui sont chassées en grand nombre dans les îles Barren.
L’objectif est de mener parallèlement une étude sociologique, également inédite, concernant les interactions entre les populations locales de pêcheurs traditionnels et la gestion de leurs ressources halieutiques, en particulier des tortues marines.
Par ailleurs, notre ambition sera de favoriser une meilleure compréhension globale de la biodiversité littorale et insulaire, et des populations de cette partie extrêmement peu connue de la côte ouest de Madagascar.

Les objectifs écologiques :

Il s’agit d’étudier et de contribuer à la mise en place d’une stratégie globale de conservation des tortues marines, ainsi que d’élaborer des mesures locales de gestion. Grâce à une collaboration interdisciplinaire avec des partenaires internationaux et à une coopération avec des programmes similaires de conservation en cours, il s’agit donc de contribuer à l’étude et à la mise en place d’une politique internationale de conservation. Les acteurs locaux seront sensibilisés et proactifs dans des conditions adaptées à leurs besoins pour que des populations constantes, voire croissantes, de tortues marines puissent vivre à long terme dans les îles Barren. Il s’agit ainsi de diminuer les impacts de l’exploitation locale des tortues marines sur l’ensemble de leurs vastes aires de répartition.

Les objectifs socio-économiques :

Fin 2007, un certain nombre de méthodes auront été analysées dans le but d’obtenir une évolution dans les comportements des pêcheurs traditionnels face à l’exploitation des tortues marines ainsi que leur niveau d’acceptation des alternatives proposées à la pêche à la tortue. Alors que nous testerons l’application de certaines alternatives inspirées de projets déjà existants, nous innoverons et expérimenterons des alternatives dont les résultats seront partagés avec d’autres projets.

Enfin, les impacts de ce projet seront à plusieurs titres bénéfiques pour Madagascar. D’une part, la synergie scientifique développée par le projet permettra d’élargir l’éventail des instituts de recherche étrangers et des organisations internationales qui s’intéressent aux questions qui touchent le pays. D’autre part, les résultats obtenus permettront de contribuer directement à l’augmentation des connaissances dans les thèmes retenus. De plus, en participant à l’élaboration des « Plans Communaux et Régionaux de Développement » mis en place par le gouvernement et en donnant une valeur ajoutée à la notoriété de cette région jusqu’à présent délaissée par tous les circuits économiques nationaux et bien sûr internationaux, ce projet sera profitable pour la région concernée.

 

Les étapes

 

Les partenaires

Les acteurs locaux :

Les pêcheurs Vezo sont évidemment les acteurs primordiaux du projet. Certains d’entre eux contribueront directement à sa mise en place (capitaine, marins, écogardes) et seront donc rémunérés par le projet, les autres profiteront, à moyen terme, de la formation aux alternatives de substitution proposées à la pêche à la tortue et, à long terme, d’une meilleure gestion de leur écosystème. Il s’agira également d’appuyer la création d’associations de pêcheurs. Un large public sera aussi touché par des campagnes de sensibilisation et d’éducation à l’environnement. L’implication des intermédiaires économiques ainsi que des consommateurs de tortues est bien évidemment indispensable. Avec notre soutien, principalement sous forme d’aide à la formation et de supports pédagogiques, les principales structures d’éducation et les médias auront le rôle de faire connaître les problèmes liés à la protection de l’environnement et, en particulier, à la sauvegarde des tortues marines.
Les autorités locales (administratives et traditionnelles), puis nationales, ainsi que les services décentralisés des ministères au niveau de la zone d’intervention (pêche, tourisme, éducation et autres) doivent, avec l’aide des intervenants internationaux participant au projet, soutenir activement cette prise de conscience générale et, une fois que de nouvelles « stratégies de conservation » auront été mises en place, être en mesure de supporter le contrôle. Des liens sont déjà établis avec certains de ces acteurs.
De plus, le gouvernement malgache donne à chaque commune et à chaque région le mandat obligatoire d’établir respectivement un Plan Communal de Développement et un Plan Régional de Développement. Ces documents, qui expriment les besoins des communes et des régions dans tous les domaines, servent d’outil de levée de fonds auprès des bailleurs de développement. Il est donc nécessaire d’intégrer toutes les recherches et les actions de notre projet dans ces documents.

OSO est la division agro-alimentaire du GROUPE SOCOTA, verticalement intégrée depuis la pêche et l’aquaculture de crevettes jusqu’à la distribution en Europe. OSO dispose dans la région de Maintirano d’une filiale OSO FISHING (Les Pêcheries du Menabe & du Melaky S.A.) qui participe activement au programme de gestion durable de la Biodiversité marine mené par l’Université de Genève, le WWF Madagascar et ses autres partenaires. Grâce à l’appui local d’OSO FISHING en matière technique et logistique, le programme dispose des moyens terrestres, marins et surtout humains qui contribuent à pérenniser la démarche de gestion durable auprès des populations locales. Par ailleurs, dans le Nord de Madagascar, dans la province de Diégo-Suarez, OSO est le pionnier mondial de l’aquaculture de crevettes conforme aux règles de l’Agriculture Biologique (normes Françaises & UE). Cette démarche d’élevage BIO, s’inscrit dans la stratégie d’OSO visant à réduire la pression sur l’environnement et les ressources marines.


Les partenaires malgaches, suisses, et internationaux

Partenaires initiaux :


Suivi et évaluation du projet

Composée de près de vingt chercheurs de disciplines diverses (biologistes, herpétologues, généticiens, ingénieurs en ressources halieutiques, géographes, sociologues, etc.), dont environ 12 participeront aux recherches de terrain, cette équipe se réunira au moins deux fois par an à Genève pour piloter le projet . Aussi, des rapports seront établies au moins deux fois par an concernant l’avancées des recherches et des travaux.


     
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